mardi 26 août 2014




Jorgovani i ruže
Les lilas et les roses





O meseci cvetanja i mena na sve strane
Maj što bi bez oblaka Juni mučki ubijeni
Zaboraviti neću ruže i jorgovane
Ni one što ostaše u naboru proleća svijeni

Zaboraviti neću tragiku iluzije
Povorku krike mnoštvo sunčeve zrake vrele
Tenkove sa tovarom ljubavi darove Belgije
Zadrhtali vazduh i drum ko da zuje pčele
Nerazumni trijumf što pred kavgom leti
Krv koja poljupcu prethodi karminom
Ni one što će uspravno u kupolama mreti
A jorgovanom ih zasu narod ponesen vinom

Zaboraviti neću francuske gradine
Nalik na nestalih vekova misale
Ni nemir večeri zagonetku tišine
Ruže koje su svuda uzduž drumova cvale
Demanti cveća vetru panike vojnicima
Koji na krilu straha u prolazu žure
Biciklima u bunilu podrugljivim topovima
Lažnim ratnicima koji se bedno kinđure

Ali ne znam zašto me taj vrtlog slika svrne
Uvek na isto gde je tačka zastanka bila
U Sent-Mart jedan general grane crne
Na ivici šume normandijska vila
Sve ćuti Neprijatelj u senci na strane
Pariz se predao rekoše dok smo tu bili
Zaboraviti neću ruže i jorgovane
A ni dve ljubavi koje smo izgubili

Buketi prvog dana flamanski jorgovani
Blagost senke kojom smrt obraze šara
I nežne ruže odstupanja buketi rascvetani
Anžujske ruže boje dalekog požara.








O mois des floraisons mois des métamorphoses
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés


Je n’oublierai jamais l’illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique
L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé


Je n’oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l’énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs


Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images
Me ramène toujours au même point d’arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu
Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus


Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou








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